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04 août 2017

Anecdotes en vitrine - Chez la coiffeuse

Coiffure Velasquez, 148 rue de Paris


C'était l'année du Tour de France, il y a vingt-deux ans.
Je travaillais ici depuis trois ans, avec le même patron, on est du genre fidèle dans la maison.
Ce jour là, j'étais souriante, j'avais beaucoup de mal à respirer, mais je suis quand même sortie de mon lit, parce que c'est ça le commerce, on ne fait pas faux bond.
J'avais téléphoné à un médecin pour qu'il passe au salon. 
Le voilà qui arrive, petit complet impeccable, coiffure soignée, petite valise, plutôt jeune - je file au sous sol et lui fais signe de me suivre. 
Je me déboutonne, j'enlève mon chemisier, il n'est pas question de traîner, j'ai une cliente qui m'attend au bac.
Je suis torse nu quand je lève la tête; il est rouge comme une pivoine! Je me dis, mon gars, si tu rougis comme ça à chaque fois que tu vois les seins d'une patiente…. 
Je souris pour le mettre à l'aise, je m'approche, il prend sa mallette et remonte dare-dare. 
Il pose ses échantillons de shampoing près de la caisse - alors je comprends mon erreur; c'était un représentant ! 
Je ne l'ai jamais revu. Je pense à lui souvent.
Le Tour de France est repassé par ici il y a deux ans, tout le monde disait qu'il fallait fermer le salon, mais moi j'y suis allée quand même. Il n'est pas revenu. Pas grave. 
Ce sera pour les quarante ans du Tour. 
Ou pour les cinq cents ans du Havre qui sait? 
Il lira ces mots, il poussera la porte, et on verra bien.


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